Atlas des Araignées Armoricaines
(le triple A que nous attendions tous) 



Alopecosa cursor (Lycosidae)_Mathieu Lagarde
Dolomedes fimbriatus (Pisauridae)_Cyril Courtial
Enoplognatha sp (Theridiidae)_Cyril Courtial
Alopecosa cursor (Lycosidae) - photo  Mathieu LagardeDolomedes fimbriatus (Pisauridae) - photo Cyril CourtialEnoplognatha sp (Theridiidae) - photo Cyril Courtial

Les Araignées sont des Arthropodes prédateurs de la classe des Arachnides, caractérisées par leurs quatre paires de pattes et leurs filières à soie.
On dénombre près de 1600 espèces en France dont près de 750 connues à ce jour dans l’ouest de la France (Courtial et Pétillon comm pers.). On les retrouve dans tous les habitats des dunes aux tourbières en passant par nos caves et nos greniers. L’une d’entre elles, l’Argyronète, est même spécialisée dans la vie sub-aquatique.Certaines tissent des toiles pour attraper leurs proies alors que d’autres vivent au sol et chassent de manière active.

À ce jour le seul atlas complet sur le sujet est un atlas départemental sur les araignées de Maine-et-Loire de Serge Braud (2007). Un catalogue des araignées de France résumant les données existantes par département a vu aussi le jour récemment (Le Péru 2007). Des atlas très détaillés, consultables en ligne ont déjà été édités, tel le Spider Recording Scheme (http://srs.britishspiders.org.uk/). Pour l’Ouest de la France, une synthèse des données existantes avait été réalisée par Canard et al. en 1990.

L’atlas est un outil qui permet de visualiser la biodiversité à un instant donné. Le Massif Armoricain constituant un carrefour géographique soumis à plusieurs influences climatiques, on y observe ainsi de nombreuses espèces en limite d’aire septentrionale ou méridionale (Pétillon et al. 2007). De plus, cet état des lieux est nécessaire face aux problématiques de destruction des habitats et aux changements climatiques qui entrainent des disparitions et des migrations d’espèces. Cet atlas pourra aussi nous renseigner sur la rareté des espèces à l’échelle régionale et armoricaine mais aussi d’approfondir les connaissances sur leur autécologie, (habitat et phénologie principalement).

Le présent atlas couvrira le territoire des 13 départements du Massif armoricain à savoir : les trois départements bas normands (Calvados, Manche et Orne), bretons (Côtes d’Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan) et ligériens (Loire-Atlantique, Maine-et-Loire, Mayenne, Sarthe, Vendée) et enfin les Deux-Sèvres en Poitou Charente dont la moitié nord se situe en Armorique. Dans l’idéal nous souhaitons faire une restitution de cette atlas sur carte maille UTM 10x10km avec histogramme de phénologie, monographie des espèces et préférendum d’habitat.

L’identification des araignées

L’identification des araignées nécessite l’observation de critères bien particuliers à la loupe binoculaire ainsi que l’aide d’une bibliographie adaptée et souvent anglophone.
L’identification des individus se fait tout d’abord jusqu’à un niveau générique par l’observation, entre autre, de la disposition et la forme des yeux, des filières, de la forme générale du spécimen (ou habitus) et de la disposition des épines et des trichobothries sur les pattes. Enfin, l’identification au niveau spécifique est essentiellement assurée par l’observation des organes génitaux (bulbes copulateurs des mâles et épigynes des femelles).

Ce travail nécessite l’utilisation d’une loupe binoculaire d’un grossissement au moins égal à 40x et de différentes clés et publications :

Les Arachnides de France (Simon, 1914, 1926, 1929, 1932, 1937), Spinnen Mitteleuropas (Heimer & Nentwig, 1991), Spiders of Great Britain and Ireland (Roberts, 1985a, 1985b, 1987, 1995), Le Péru 2011…
Certains sites internet présentent des versions web de ces clés, notamment araneae.unibe.ch (Nentwig et al., 2011)

Larinioides_cornutus_bulbe.jpgLarinioide_cornutus_epigyne
Pédipalpe gauche, vue latérale, photo Epigyne, photo
Cliché des génitalia de Larinioides cornutus (Araneidae)

Cependant comme pour toutes règles, il existe des exceptions !

De nombreuses araignées dont la plupart des fameuses épeires sont identifiables à vue, mais aussi certaines araignée sauteuses (Salticidae) ou araignées crabe (Thomisidae).

Comment échantillonner les Araignées ?

Au vu de la difficulté d’identification des araignées, nous faisons le choix pour cet atlas de développer principalement un réseau de récoltants.

Les Araignées étant présentes sur toutes les strates de la végétation, il existe plusieurs méthodes de captures adaptées.
Les premières sont dites « actives » car nécessitent l’huile de coudes pour fonctionner !


battagefauchage
La nappe de battage pour celle vivant sur la strate arbustive (cliché : D. Lafage) ELe filet fauchoir pour celles vivant sur la strate herbacée (cliché : D. Lafage)
CAV
Misumena vatia (Thomisidae)_Cyril Courtial
Et la chasse à vue pour celles se déplaçant au sol (cliché : D. Lafage)Misumena vatia (Thomisidae) - photo Cyril Courtial

Les secondes sont dites « passives », une fois le piège installé, il fonctionne tout seul.
On utilise principalement le pot piège ici représenté dans sa forme la plus complexe. Mais un simple flacon rempli au deux tiers d’un mélange d’éthanol et de sel peut faire l’affaire. A défaut d’éthanol, le vinaigre d’alcool blanc peut être utilisé mélangé à du sel.


barber
Xysticus cristatus (Thomisidae)_Cyril Courtial
(Cliché : M. Lagarde)Xysticus cristatus (Thomisidae) - Cyril Courtial

Pourquoi récolter les araignées ?

    Comme dit précédemment une grande majorité des espèces d’araignées ne peuvent être identifiées qu’à la loupe binoculaire et nécessitent donc de prélever des individus et de les conserver dans l’alcool à 70°. La biomasse en invertébrés est telle que les captures dans un pot-piège ne représentent qu’une infime partie du nombre d’individus présents sur un site échantillonné.

Nous mettons à disposition des flacons pour pot-piège prêt à l’emploi à disposer 7 à 10 jours près de chez vous. Ce « kit » comprend un flacon rempli en partie d’une solution à base d’alcool et de saumure et d’une étiquette prête à remplir. Il ne vous suffit plus alors qu’à trouver un habitat original proche de chez vous ; lande, prairie, bois… à y installer le piège durant 7 à 10 jours et à la fin de cette période insérer l’étiquette avec les informations complétées et nous faire parvenir le flacon. (Utilisation du réseau naturaliste). La meilleure période pour l’utilisation de ce protocole se situant au printemps et en début d’été.

carto
Etat des lieux en cette première année de l’atlas (janvier 2013).


Nous utilisons le logiciel de base de données Serena afin de saisir et stocker les données de cet atlas. A l’heure actuelle, l’intégralité des données issues de la littérature sur les régions bas-normandes et bretonnes ont été saisies. Une grande partie de la littérature des Pays de Loire, principalement en Vendée et Loire-Atlantique, ont été intégrées. Il s’agit ici surtout des notes de l’arachnologue Jacques Denis (1902 - 1972).

L’intégralité des données aranéologiques issues des différentes études du Gretia a aussi été intégrée à la base.

Enfin, les données personnelles des auteurs et celles transmises par les arachnologues de l’ouest ont permis d’alimenter ce travail.

Ce premier état des lieux a été réalisé avec 46597 renseignements sur l’ensemble du domaine géographique étudié. Ils regroupent des informations sur un peu plus de 700 espèces.
La carte ci-dessus présente ainsi l’état actuel des prospections par la richesse inventoriée par maille UTM 10*10. Elle nous permet d’identifier les zones dans lesquelles orienter nos prospections futures.


Comment participer à cet Atlas ?
Première possibilité :
Vous pouvez soit envoyer vos photos à l’une des adresses suivantes :
araignees.bretagne@gmail.com (Cyril Courtial) ou araignees.armorique@gmail.fr (Julien Pétillon)
Ou envoyer vos individus collectés préservés dans de l’alcool 70° à
Cyril Courtial – Gretia
Bâtiment 25 – 1er étage, Campus de Beaulieu – Université de Rennes 1
35042 RENNES Cedex



Attention ! Il est important de préciser le lieu de collecte ou de la prise de vue (au lieu dit, c’est le mieux !), la date, le nom du récoltant / photographe et l’habitat.
Pour ceux qui s’en sente le courage, les coordonnées projetés en Lambert II étendu seront un plus !

Afin de pouvoir au mieux définir les préférences écologiques des espèces, nous avons choisis de standardiser les noms des grands types d’habitats dans lesquels chacun pourrait être amené à échantillonner.
Nous avons choisi 6 grands types d’habitats représentés dans l’ouest ou ses marges, adaptés du code Corine Biotope. Ces 6 grands ensembles ou « Environnement »  sont les suivants :

- Habitats littoraux et halophiles
- Landes fruticées et prairies
- Forêts
- Tourbières et marais
- Rochers continentaux éboulis et sables
- Terres agricoles et paysages artificiels

Dans chacun de ces grands ensembles se trouvent la grande majorité des habitats que l’on peut retrouver dans l’ouest de la France :

Habitats littoraux et halophiles
Marais salé
Pré salé atlantique
Plage de galets
Plage de sable
Laisse de mer
Haut de plage
Front de dune
Dune blanche
Dune grise
Lette dunaire humide
Côte rocheuse, falaise maritime
Landes, fruticées et prairies
Landes sèche
Lande humide
Lande mésophile
Fourré
Prairie humide
Mégaphorbiaie
Prairie mésophile
Pâture mésophile
Pelouse calcaire
Pelouse acidiphile
Prairie, autre
Forêts
Forêt de conifères
Forêt caducifoliée
Forêt mixte
Forêt et fourré très humide







Tourbières et marais
Tourbière haute
Bas marais alcalin
Bas marais acide
Tourbière alcaline
Marécage
Roselière
Magnocariçaie
Bords des lacs, étangs, rivières et ruisseaux
Eau libre
Rochers continentaux éboulis et sables
Rochers, éboulis, falaises ou carrières







Terres agricoles et paysages artificiels
Terre cultivée, champ
Terre cultivée, verger
Bocage, haie
Terrain vague, friche
Site industriel
Bâtiments, à l'extérieur
Bâtiments, à l'intérieur
Cave, tunnel, puits ou ponceau
Jardins, parcs


Lorsque cela est possible, l’identification par photographie est rapide et peut être retournée dans un bref délai au fournisseur de la donnée. En ce qui concerne les individus collectés, les déterminations seront réalisées l’hiver durant la basse saison naturaliste. Toutes les informations seront ensuite saisies et un bilan annuel présenté au printemps : évolution du nombre de données, nouvelles espèces (régionale et/ou départementales), citation des contributeurs et présentation des cartes de prospection actualisées.

A télécharger :

-    Bilan à fin 2014 pdf
-    Bilan à fin 2013 pdf
-    Liste actualisée des araignées du Massif armoricain (Invertébrés Armoricains, 2014, 11: 1-38)
pdf
 

Références des ouvrages cités :

Braud S., 2007. Les araignées de Maine-et-Loire. Bulletin de synthèse de Mauges Nature, 7, 230 p.

Heimer S., & Nentwig, W., 1991. Spinnen Mitteleuropas: Ein Bestimmungsbuch, Parey, 543 p.

Le Péru B. 2011. The spiders of Europe. Synthesis of data- Volume 1 – Atypidae to Theridiidae. Mémoire de la Société linnéenne de Lyon, n° 2. 522p.

Le Péru B., 2007. Catalogue et répartition des araignées de France. Revue arachnologique, 16: 1-468.

Nentwig W, Blick T, Gloor D, Hänggi A, Kropf C: Spiders of Europe. www.araneae.unibe.ch.

Pétillon J, Courtial C, Canard A & Ysnel F. 2007. First assessment of spider rarity in western France. XXIII European Colloqium of Arachnology, Barcelone – 2006 in Revista Iberica de Aracnologia 15: 105-113.

Roberts M. J. 1985a.- The spiders of Great Britain and Ireland. Volume 1: Atypidae to Theridiosomatidae. Harley Books, Colchester.

Roberts M. J. 1985b.- The spiders of Great Britain and Ireland. Volume 3: Colour Plates - Atypidae to Linyphiidae. Harley Books, Colchester.

Roberts M. J. 1987.- The spiders of Great Britain and Ireland. Volume 2: Linyphiidae and checklist. Harley Books, Colchester.

Roberts M. J. 1995.- Spiders of Britain and Northern Europe. Collins Field Guide, Bath.

Simon E. 1914.- Les arachnides de France. 6 (1). Paris (Roret): 1-308.

Simon E. 1926.- Les arachnides de France. 6 (2). Paris (Roret): 309-532. 36

Simon E. 1929.- Les arachnides de France. 6 (3). Paris (Roret): 533-772.

Simon E. 1932.- Les arachnides de France. 6 (4). Paris (Roret): 773-978.

Simon E. 1937.- Les arachnides de France. 6 (5). Paris (Roret): 979-1298.


Linyphia triangularis (Linyphiidae)_Cyril Courtial
Malthonica silvestris (Agelenidae)_Cyril Courtial
Metellina merianae (Tetragnathidae)_Cyril Courtial
Linyphia triangularis (Linyphiidae) - photo Cyril CourtialMalthonica silvestris (Agelenidae) - photo Cyril CourtialMetellina merianae (Tetragnathidae) - photo Cyril Courtial



 
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